Le genre RODGERSIA

 

Maryse Le Hérissé

 

Les Rodgersias sont des plantes vivaces magnifiques de la famille des Saxifragacées qui ne passent pas inaperçues dans les jardins. Originaires d’Asie, elles doivent leur nom au botaniste Asa Gray qui dédia la plante à un amiral américain Rodgers  qui dirigea l’expédition de 1852-1855,  au cours de laquelle ce genre a été découvert.

 

Ce genre comprend 5 espèces classées en 2 sections (Pan Jin-Tang, 1994) : 

 

-1ère section (Rodgersia) : une seule espèce : R. podophylla, originaire de Chine, Japon et Corée, c’est la seule espèce présente au Japon.  

 

-2ème section (Sambucifolia) : 4 espèces reconnues :

 

  •         R. aesculifolia, originaire des montagnes du Yunnan en Chine et du Nord de la Birmanie, l’espèce R. henrici que l’on trouve parfois semble être simplement une sous-espèce de R. aesculifolia,

 

  •         R. nepalensis, originaire de l’Himalaya oriental et Tibet du Sud.

 

  •        R. pinnata, espèce chinoise des provinces montagneuses du Yunnan, Guizhou et Sichuan.

 

  •        R. sambucifolia , autre espèce chinoise  des montagnes du Yalung.

 

Le Rodgersia tabularis, est maintenant classé dans le genre Astilboides.

 

Une clé de détermination simplifiée pour les reconnaître facilement :

 

-les feuilles sont palmées : le limbe est divisé en lobes rayonnants, partant d’un point central, comme chez le marronnier :

 

·        L’extrémité des lobes est arrondie : R. aesculifolia

 

·        L’extrémité des lobes ressemble à une patte de canard : R podophylla

 

-les feuilles sont pennées : les lobes sont disposés symétriquement le long d’une nervure médiane ou rachis :

 

·        Le rachis est plus ou moins long et certains plantes sont intermédiaires entre palmées et pennées : R. pinnata

 

·         Le rachis est bien net :

 

                  -les fleurs sont blanches : R. sambucifolia

 

                  -les fleurs sont verdâtres à jaune clair : R. nepalensis

 

L’attrait principal de tous les Rodgersia est surtout leur feuillage imposant et très décoratif mais aussi la floraison qui est vraiment spectaculaire : elle sort littéralement du feuillage en été.  Les fleurs forment de grandes inflorescences qui peuvent dépasser 60cm de long qui deviennent vertes et demeurent décoratives une fois la plante fanée. Leur couleur varie du blanc au jaune en passant par le rose plus ou moins soutenu selon les espèces. Toutes les espèces ont des fleurs apétales  en étoile.

 

 

 

 

 

R sambucifolia :

 

Souche à rhizome peu traçant portant de grandes feuilles franchement pennées  ressemblant à celles d’un sureau,  comptant 8 à 13 folioles, fortement nervurées et recouvertes de poils glanduleux. Les grandes inflorescences blanc pur, très légères, sont portées par des hampes brun foncé, elles prennent une couleur bronze en fanant. C’est le plus petit des Rodgersias : environ 60cm de haut.

 

photo Gabriela Costea

 

R. aesculifolia :

 

Ses feuilles ressemblent à celles du marronnier (Aesculus) : palmées (6-7folioles et 7-9 chez la sous-espèce henrici), sans pétiole, de forme obovale, ses fleurs sont blanches légèrement teintées de rose en fanant et franchement roses chez la sous espèce henrici. C’est le plus grand des Rodgersias, il peut atteindre 1.5m de haut.

 

Dans la médecine chinoise traditionnelle, le Rodgersia aesculifolia était utilisé pour soulager l’arthrite, la bronchite chronique, l’asthme, la bronchite, la dysenterie et les gastrites. La plante agit par traitement anti bactérien et antiviral. L’analyse du rhizome montre la présence d’acides dont des acides oléïques et palmitiques, ainsi que des polyphénols tanniques.

 

photo Jerzy Opiola

 

R. podophylla :

 

Les feuilles majestueuses de cette espèce sont palmées (5-7folioles mais le plus souvent 5)  montrent à l’extrémité de chaque foliole un découpage secondaire, elles sont épaisses et prennent souvent au cours de l’année une couleur bronze plus ou moins accusée selon la luminosité. Les fleurs sont blanc-crème avant de verdir en fanant, conservant un aspect très décoratif, cette espèce apprécie une situation à mi-ombre.

 

photo M. Le Hérissé

photo M. Le Hérissé

Fructificarions de R. podophylla

photo M. Le Hérissé

 

R. nepalensis :

 

La plus pennée de tous les Rodgersias, les folioles sont toujours disposés de manière très symétrique sur le rachis, ses fleurs sont d’un blanc très pur.

 

photo John Grimshaw

 

R. pinnata :

 

Ses feuilles présentent des variations de forme qui sont souvent responsables d’erreurs de détermination. Le caractère penné peut être plus ou moins marqué mais il subsiste le plus souvent des traits pennés sur les feuilles. Le rachis étant plus ou moins long. Le nombre des folioles varie de 6 à 9.  Les fleurs présentent un dégradé de blanc à rose qui peut être intense.

 

Plus que les autres espèces, il supporte un emplacement sec et ensoleillé dans les jardins.

 

photo Robert Pavlis

photo Robert Pavlis

 

 

 

Les Rodgersias sont très résistants au froid mais redoutent des températures trop élevées en été, il leur faut de préférence un endroit le plus souvent ombragé, frais, riche en humus, mais n’apprécient pas les sols calcaires, la Bretagne leur convient donc particulièrement !

 

Un dernier atout non négligeable : cette plante n’attire pas les limaces…

 

 

Quelques illustrations sont issues d'un article de Robert Pavlis et publiées ici avec son autorisation. Je l'en remercie vivement.

 

Bibliographie :

2008. W.J Beal Botanical Garden, Fingerleaf Rodgersia Rodgersia aesculifolia   archives, Juin 2008, p.1-2

Pavlis Robert, 2014. Rodgersia classification simplified Gardenmyths.com